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Aquarium low-tech, poubellarium et aquarium-écosystème

Aquarium low-tech, poubellarium et aquarium-écosystème, en récifal aussi ! 

Note : Une visite de la boutique d'Aquamicrofaune vous démontrera immédiatement notre vocation de promouvoir la pratique naturelle de l'aquariophilie !

J'ai abordé le sujet de l'aquariophilie low tech à la fin du dernier article publié ( Les champignons dans l'écosystème d'un aquarium marin ou d'eau douce ) en prévoyant ultérieurement de développer mon opinion sur cette tendance aquariophile. C'est le but de cet article.

Le type de maintenance aquariophile personnel qui se révèle à travers les blogs d'Aquamicrofaune et que je qualifie "d'Approche écosystémique" pourrait laisser à penser que je suis un fervent adepte de "l'aquariophilie" low-tech. Ce n'est pas le cas. Je n'ai bien entendu rien à reprocher sur le plan idéologique à cette dernière ; je reconnais à "l'aquariophilie" low-tech d'avoir largement contribué à désenclaver une pensée rigidifiée de l'aquariologie. Seulement, la finalité de ma conception aquariophile est aux antipodes de celle prônée par les partisans du low-tech. Si l'objectif de ces derniers est de faire simple le mien est de faire compliqué ! Je m'explique : 

Est généralement qualifié "d'aquariophile" low-tech celui qui parvient à favoriser l'épanouissement vital des poissons tropicaux en utilisant le moins possible du matériel habituellement employé par les aquariophiles conventionnels ; le graal étant le poubellarium extérieur où la population piscicole profite des joies de l'estive au sein d'un contenant quelconque pouvant contenir de l'eau, des plantes aquatiques ou semi-aquatiques auxquelles s'ajoutent providentiellement de succulentes petites bébêtes "tombées du ciel". Les adhérents au projet de l'idéologie low-tech sont souvent des naturalistes avisés et les résultats qu'ils obtiennent, notamment en matière de reproduction, sont remarquables. Mais ! Vous avez probablement remarqué que j'ai mis plus haut entre parenthèses le terme "aquariophile" lorsqu'il est associé au qualificatif "low tech" ; cette initiative stylistique marque précisément le point de divergence entre ma pratique aquariophile et la pratique aquacole low-tech

En substituant au concept d'aquarium celui de poubellarium l'idéologie low-tech affirme son dévoiement de ce qui constitue l'essence fonctionnelle de l'aquariophilie, à savoir reconstituer en milieu captif des biotopes aquatiques pour mieux les observer. C'est dans ce but que l'aquarium a été originellement conceptualisé par des naturalistes au XIXe siècle. L'aquariophilie est moins un moyen de maintenir le plus simplement possible des poissons en vie - entendons avec un minimum de matériel - que de recréer des écosystèmes complexes. Savoir que des poissons peuvent vivre dans un simple contenant sans assistance artificielle est une chose ; pouvoir observer un maximum des constituants biotiques ( la diversité du vivant ) de l'écosystème qui permet l'épanouissement de ces poissons en est une autre ! En ce sens on peut dire qu'il y a autant de "poubellariums" qu'il y a de biotopes aquatiques sauvages. En revanche il n'y a d'aquariums que si l'être humain est partie prenante dans la gestion et l'observation confortable des écosystèmes captifs. À quoi bon sinon l'aquariophilie

Être partie prenante en tant qu'être humain dans la gestion optimale d'un écosystème conduit à la définition de l'approche écosystémique telle qu'entendue dans le domaine des sciences de l'environnement. En l'appliquant personnellement à la pratique aquariophile je ne vise pas résolument à me priver de matériel par conviction low-tech ( en opposition "politique" à la surenchère technologique ) mais à laisser la Nature captive faire ce qu'elle sait au moins aussi bien faire qu'un système mécanisé. Ainsi je sais que je peux en toute confiance déléguer aux substrats vivants le travail de traitement des déchets normalement attribué en aquariophilie conventionnelle aux "machines". Par contre, je n'accorde pas à la seule lumière solaire naturelle pénètrant à travers une fenêtre les compétences permettant le développement de la végétation luxuriante indispensable dans un aquarium d'eau douce sans filtration

Pourquoi faire simple quand on peux faire compliqué ? C'est la complexité d'un écosystème aquatique qui me passionne, notamment les interactions biodiversifiés ( microorganismes, microfaune, macrofaune, invertébrés sessiles, poissons ). Quand je vante la simplicté de la maintenance d'un aquarium d'eau douce ou d'eau de mer par l'approche écosystémique ce n'est pas pour signifier une quelconque philosophie antimatérialiste mais pour partager le plaisir que peut apporter le "laisser-faire-la-Nature" quand cela est possible et durablement viable. Un écosystème est un être vivant complexe qui se laisse toutefois observer simplement à condition de lui accorder un peu de liberté existentielle que les "aquariums-usines-à-gaz" ne permettent pas. Entre la haute technologie à outrance et le dépouillement matériel extrème du low-tech il y un juste milieu où vient se placer tout naturellement l'aquariophile écosystémique que j'affectionne.