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Le Principe de la méthode DSB ( récifal ) très simplement expliqué

  Le Principe de la méthode DSB ( récifal ) très simplement expliqué 

 

     J'ai eu l'occasion, pas plus tard qu'hier, sur un réseau social, de parler de mon expérience de la méthode DSB  avec des récifalistes débutants qui n'en avaient jamais entendu parler et donc très curieux de comprendre comme cela peut effectivement fonctionner ; j'aurais aimé leur en dire plus mais le format et l'usage du réseau social en question ne se prêtaient pas à de longues explications. J'ai donc choisi de faire ici un article qui traite du Principe biologique essentiel sur lequel repose la méthode DSB.

Tout d'abord, que veut dire DSB ?

DSB est l'abréviation par les initiales du terme " Deep Sand Bed " se traduisant en français en "Lit de sable épais". C'est en effet sur l'épaisseur du sable que s'appuie fondamentalement le système d'épuration d'un récifal ainsi géré. 

Méthode DSB et méthode Jaubert, quelle différence ?

Si nous en restons au Principe biologique essentiel du fonctionnement d'un DSB nous pouvons dire qu'il n'y a pas de différence entre la méthode DSB et la méthode Jaubert. Disons qu'un DSB c'est forcément un Jaubert du point de vue micro-biologique ! Les différences entre les deux méthodes sont surtout de nature structurelle ( conception architecturale du lit de sable, épaisseur, granulométrie ). 

Quel est ce Principe Jaubert qui anime primordialement un DSB

Ce Principe capital s'appelle "Réduction naturelle des nitrates". Le sable héberge deux catégories de bactéries, celles, bien connues de tous les aquariophiles, participant de la nitrification et de la nitratation et celles plus intimistes, vivant dans des zones très pauvres en ocygène, œuvrant à dénitratation, c'est-à-dire à la transformation des nitrates en un gaz volatil ( le diazote ) ; ce dernier sera évacué du bac à travers l'échange surface de l'eau/ atmosphère. Dans la méthode berlinoise on retrouve ce même principe de dénitratation  dans les pierres vivantes suffisamment grosses pour constituer en leur sein des zones pauvres en oxygène. Bien entendu la couche inférieure d'un lit de sable épais offre aux bactéries dénitrifiantes un volume de colonisation infiniment plus important que celui offert par les pierres vivantes ! 

Comment circule l'eau à travers le lit de sable épais ?

D'abord l'eau pénètre dans le sable grâce aux phénomènes naturels de percolation ( circulation verticale ) et d'advection ( circulation horizontale ). A ces deux phénomènes de circulation s'en ajoute un autre qui permet à l'eau de ne pas stagner dans le sable et d'entretenir en permanence son échange avec la colonne d'eau : la bioperturbation. Comme son préfixe "bio" l'indique il s'agit d'une dynamique animée par du vivant, en l'occurrence la macrofaune et la microfaune benthique, notamment les vers fouisseurs si important dans la méthode DSB. 

Le traitement des sédiments organiques dans le lit de sable épais

A chaque "étage" ( stratification ) du lit de sable épais sévissent des détritivores, comme par exemple les escargots Nassarius tout en haut, les "gros" vers fouisseurs à mi-hauteur et les micro-vers fouisseurs presque tout en bas. De même les bactéries aérobies occupent les zones supérieures riches  en oxygène et les bactéries dites anaérobies ( vivant en milieu anoxique serait plus juste ) les zones inférieures pauvres en oxygène. Ainsi, le lit de sable vivant s'avère écologiquement une véritable usine d'épuration pour l'aquarium récifal

Pourquoi choisir la méthode DSB ?

Il est souvent évoqué l'aspect économique de cette méthode ( low tech ), d'autant que ce type de récifal peut être entièrement constitué de pierres mortes et de sable inertes ensemencés par des souches vivantes. Pour ma part, l'aspect économique n'a pas été déterminant dans le choix de la méthode DSB, il y déjà bien longtemps. Ce qui m'a motivé à choisir cette méthode de maintenance aquariophile c'est l'infinie diversité faunistique qu'elle permet d'héberger en captivité. Il m'arrive parfois par exemple de ne porter mon regard aquariophile que sur le lit de sable d'un récifal DSB et j'y trouve largement de quoi contenter mon âme naturaliste. Même dans un bac que je crois parfaitement connaître il est toujours possible de découvrir dans le sable un animal que l'on avait pas encore remarqué ou qui été porté disparu depuis des années ! Il faut dire que trouver un individu d'une espèce de microfaune benthique rare dans par exemple 100 kilogrammes de sable vivant uniquement visible côté vitres et sur le dessus s'apparente à chercher une aiguille dans une botte de foin !