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Quelle microfaune ajouter dans son aquarium récifal ?

Les articles de ce blog visent à compléter la page d'accueil Aqua-microfaunequ'il est judicieux de lire avant !

La somme de connaissances scientifiques sur le plancton, notamment grâce à des expéditions comme Tara Océans, a énormément augmenté ces dernières années. Pour moi qui élève de la microfaune et son zooplancton depuis bien longtemps les informations déjà publiées par cette Fondation ont corroborré certaines de mes observations biologiques empiriques. Mais ces comparaisons se limitent à l'étude physiologique des organismes composant le plancton, car ce qui m'intéresse moi, tout particulièrement, c'est la vie du zooplancton, et nécessairement du plancton en son ensemble, en captivité, en l'occurence en aquarium.

D'abord, nous en avons déjà parlé dans cet article traitant du zooplancton vivant en aquarium récifal, la microfaune zooplanctonique que j'élève intensivement pour mon plaisir et par passion est très majoritairement composée de zooplancton temporaire, c'est-à-dire des oeufs puis des larves d'espèces de la macrofaune ( copépodes, décapodes, isopodes et autres "podes", vers sessiles et errants, échinodermes, gastéropodes... ) bien souvent faussement identifiée par les aquariophiles, surtout les "podes", comme de la microfaune. Destinés à rejoindre le plus rapidement possible le susbstrat ( pierres, sable, vitres, algues ) pour y vivre leur vies d'adultes, ces espèces benthiques ( meiofaune et épifaune ) sont infiniment plus faciles à élever que les espèces permanentes et/ou pélagiques. Facile ne veut pas dire qu'il suffit de lier un refuge à un aquarium principale pour produire de la microfaune avec une densité suffisament importante pour que sa masse soit visible ( particules ) dans un prélevement d'eau de l'élevage. Or, c'est ce type d'ajout qui est véritablement profitable à vos aquariums récifaux.

Les études scientifiques sur l'élevage et la maintenance de la microfaune zooplanctonique en aquarium n'existent quasiment pas ; seuls quelques anciens articles du professeur Jean Jaubert ou du biologiste marin Ron Shimek, relatives à la méthode DSB ( Deep Sand Bed ou lit de sable épais ), offrent quelques informations précieuses et détaillées sur l'indispensable fonction de la microfaune et des bactéries dans les aquariums d'eau de mer. Malheureusement trop d'aquariophiles adeptes des méthodes de maintenance sans sable ( Bare bottom ) sous estime l'importance capitale de la microfaune dans l'écosystème récifal ; dans le meilleur des cas ces derniers en limite la portée à l'alimentation des dragonnets ( par ex le Synchiropus Splendidus ) ou aux bactéries qu'ils ajoutent dans un but de booster l'épuration bio-chimique.

Le présence ou non de sable ne détermine en rien la richesse zooplanctonique dans un récifal car le plancton dans son ensemble ne survit pas très longtemps ( prédation, condition eutrophe, écumage, filtration micrométrique ) dans un aquarium marin normalement fonctionnel. De fait, il n'y pas d'autre moyen pour héberger durablement de la microfaune zooplanctonique en quantité bénéfique que de l'ajouter régulièrement. Le principe est simple et logique : Plus on ajoute de plancton, plus les chances qu'une partie de son zooplancton temporaire s'implante dans le substrat participe à augmenter quantitativement et qualitativement ( diversité d'espèce ) la macrofaune.

Bien entendu, compte tenu de la charge de matière nutritive nécessairement présente dans une eau riche en plancton d'élevage, il n'est pas possible d'en ajouter sans restriction. Néanmoins, il faudrait vraiment introduire du plancton en quantité déraisonnable, ou de façon trop rapprochée, pour déséquilibrer un récifal sain. Pour ma part, j'en ai parlé par ailleurs, je peux par exemple sans risque ajouter un litre, voire plus, de l'eau de mes élevages de microfaune dans un récifal de 240 litres normalement peuplé en poissons, coraux et autres , de phytoplancton et de bactéries consommateurs naturels de zooplancton. Je rappelle aussi que je privilégie les bio-indicateurs plutôt que les tests chimiques pour évaluer la santé de mes aquariums ; la nature, même captive, sait parfaitement et clairement exprimer son contentement !

N'importe quel récifaliste, y compris le débutant, devrait considérer son aquarium au-delà de son objectivité matériel et l'appréhender comme un être vivant à part entière ; ainsi il pourra d'un simple coup d'oeil, comme s'il s'agissait d'un animal de compagnie, juger de son épanouissement vital ! J'ai d'ailleurs pu constater que les aquariophiles comme moi qui adoptent une telle relation avec leurs récifaux sont bien souvent des naturalistes dans l'âme, autrement dit des écologistes ( rien à voir avec l'idéologie politique ! ) conscients de la notion authentique d'écosystème. Comme un écosystème aquatique sans microfaune cela n'existe pas ils accordent évidemment une grande importance aux moyens d'en apporter dans leur bacs

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